Le barrage d'IFFEZHEIM

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1980 1981 Chantier du barrage d'IFFEZHEIM,

Le barrage hydroélectrique d'Iffezheim ou centrale d'Iffezheim est un barrage hydroélectrique franco-allemand sur le Rhin à cheval sur les communes d'Iffezheim et Roppenheim. L'énergie des centrales franco-allemandes de Gambsheim et d'Iffezheim est partagée entre la France et l'Allemagne. En Hiver 1980 l'agence du Sud Est de SOGETRAM sous la direction de Félix COBOS, obtient un important chantier de réfection du parement supérieur au-dessus des grilles de filtration protégeant les turbines des embacles. Le fer de la frontale a été endommagé et arraché par endroits sous l'action du dégrilleur, en effet celui en remontant les bois et autres détritus avait accroché et descellé le fer et abimé le parement béton.

La particularité de ce chantier était de travailler en 3 fois 8 heures, mais aussi de plonger sur un groupe à l'arrêt tout en conservant en exploitation les groupes attenants. Pour ce faire il fut imaginé et construit un échafaudage sous-marin complétement grillagé comme une cage a requin avec une seule cheminée d'accès. Cela permettait aux scaphandriers de rentrer dans cet espace sécurisé de travailler sans risquer dans la pénombre d'aller se promener sur les autres groupes et d'être ainsi aspiré et plaqué sur les grilles, de plus le narghilé lui aussi ne pouvait pas sortir de cet endroit clos.

Une fois l'échafaudage mobile actionné par la surface à l'aide de treuils, mis en place au bon niveau, les travaux consistaient à remplacer le fer frontal, découpage, soudage, injection de résine ragréage du béton, tous ces travaux sont effectués dans l'eau froide et noire du Rhin. Ils vont durer plusieurs mois sur les différents groupes turbine et cela jour et nuit.

Le conducteur de travaux est Joël ROUSSEL, il coordonne 3 équipes, la première est dirigée par Jean BOREUX un ancien scaphandrier de COMEX, elle est aussi constituée d'une majorité de scaphandriers Belges, la seconde c'est Jean François CEYSSAC, le strasbourgeois qui est aux commandes et enfin la troisième c'est notre ami JULES qui en a la responsabilité. En général il y a 5 scaphandriers par équipe plus un interprète, oui car ce barrage est franco-allemand et il y a souvent des interactions avec nos amis Allemand pour la gestion du turbinage et sa force.

Chaque équipe dispose de son matériel de sa propre cabane de chantier et à chaque changement de quart prend les consignes des travaux en cours et de leurs avancements. Moi je me trouve dans l'équipe de JULES avec deux toulonnais et un maloins dont j'ai oublié le nom et nous travaillons de 21h à 5h du matin, les plongées de nuit sont donc notre pain quotidien et en fait je crois que je n'ai jamais vu le barrage autrement que sous les lumières et les projecteurs de ces longues nuits d'hiver.

A côté de ce barrage côté français il y a la petite bourgade de Roppenheim, en centre-ville deux hôtels sont face à face et ils seront nos lieux d'hébergement, et aussi de soirées mouvementées, chacun de ces hôtels ayant bien sur un jour de fermeture, nous alternons ces jours-là pour prendre nos repas.

A cette époque je me déplaçais en moto et j'ai pris quelques belles onglées en faisant la route Strasbourg Evreux plusieurs fois sur cette longue autoroute de l'Est, mon sac de voyage en travers de la selle.

Du travail je me rappelle encore de toutes ces soudures dans les lumières oblongues liant le nouveau fer de la frontale aux ancrages enfoncés dans le béton, je me souviens aussi de toutes les frasques de notre ami JULES mais c'était le personnage imprévisible mais aussi tellement attachant.

Je me permets d'en narrer une qui nous a bien fais rire, dans l'hôtel restaurant de droite sur la photo liée à cet article, je ne sais pas s'il portait le même nom à l'époque, le patron fut victime d'une crise d'appendicite et pendant qu'il était hospitalisé il ne restait plus que notre hôtesse et sa maman déjà très âgée au service ce soir-là. Notre ami JULES ayant un peu abusé de l'alcool en compagnie d'autres compagnons décida en fin de soirée de présenter ses honneurs à la patronne en entrant dans sa chambre, mais voilà il se trompe de chambre et se retrouve avec la grand-mère, heureusement Jean BORREUX l'attrape et le ramène se coucher dans sa chambre évitant ainsi le scandale diplomatique avec nos hôteliers. Mais le lendemain alors que JULES avait repris ses esprits et était en train de manger sa soupe, voilà que notre mamie avec son fort accent Alsacien s'approche de notre table et s'exprime assez fortement en disant « Alors M JULES hier vous vouliez me baiser !!», le Julot ne savant plus ou se mettre plongea son nez vers son assiette alors qu'autour de la table tous les scaphandriers présents éclataient de rire.

Quoi qu'il en soit, ce fut encore un chantier mémorable ou malgré toutes ces difficultés le travail a été mené à bons termes.

© 2016 Patrice Cotty 27240
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